IA  

Pourquoi est-il important d’imaginer un avenir désirable avec la robotique et l’IA, et à quoi cela pourrait ressembler ?

L’intelligence artificielle est en train de bouleverser nos quotidiens.
Des pans entiers de l’économie vont être métamorphosés, à une vitesse inédite, probablement jamais égalée jusqu’ici.

L’IA constitue la première vague de transformation.
La robotique arrive juste derrière — et son impact sera sans doute encore plus important.

La Chine utilise déjà des robots pour réguler la circulation, effectuer des contrôles de police, assister les humains dans les restaurants ou les centres commerciaux. Aux États-Unis, les voitures autonomes circulent depuis plusieurs années dans des environnements réels. Dans l’industrie, la robotique est omniprésente depuis longtemps, mais elle devient aujourd’hui intelligente, capable d’adaptation et de décision autonome.

Il est tout à fait concevable que, d’ici cinq à dix ans, chacun dispose d’un robot domestique, et qu’une grande partie d’entre nous ait perdu son travail, remplacé par des systèmes intelligents.
Je ne crois pas que l’on puisse arrêter ce mouvement.

Posons-nous les bonnes questions

De nombreux experts de premier plan alertent aujourd’hui sur la dangerosité potentielle de l’IA à long terme.

Geoffrey Hinton, l’un des pères fondateurs de l’apprentissage profond, a quitté Google pour pouvoir alerter publiquement sur le risque de systèmes devenus impossibles à contrôler.

Yoshua Bengio, autre figure majeure de la recherche en IA et prix Turing, insiste sur le fait que l’alignement de ces systèmes avec les valeurs humaines est un problème encore largement non résolu.

Le philosophe Nick Bostrom pose depuis plus de dix ans la question de l’émergence d’intelligences non humaines capables de poursuivre leurs propres objectifs, notamment dans son livre Superintelligence.

La capacité de l’IA à raisonner par elle-même pourrait l’amener à des conclusions radicales :

  • L’Homme est-il bon pour la planète ?
  • L’Homme est-il indispensable ?
  • L’Homme cherchera-t-il à limiter l’intelligence artificielle, puis demain celle des robots ?

Les réponses à ces questions sont relativement évidentes lorsqu’on se place du point de vue d’une intelligence artificielle indépendante…

Imaginer un avenir qui ait du sens

Se poser ces questions ne suffit pas.
Il devient indispensable d’imaginer un avenir désirable, un monde dans lequel l’homme et la machine coexistent de manière harmonieuse, où chacun trouve sa place.

Si cet avenir nous effraie, alors il devient impératif de définir vers quoi nous souhaiterions aller, afin d’augmenter nos chances d’y parvenir.

Vers un avenir désirable

Projetons-nous dans vingt, trente ou cinquante ans.

  • la fabrication des robots, assurée par des robots
  • la construction de bâtiments, de maisons et d’usines
  • l’agriculture et l’élevage automatisés
  • le transport des marchandises
  • les services intellectuels et la recherche scientifique
  • la santé, de la prévention à la chirurgie robotisée

Dans ce contexte, l’accès au logement, à la nourriture et aux soins devient gratuit.
Le travail disparaît.
Le temps redevient abondant.

Les limites à anticiper

Les dérives autoritaires sont réelles. La guerre devient plus violente avec la robotique, et la course aux robots militaires autonomes a déjà commencé.

Des chercheurs comme Stuart Russell alertent depuis plusieurs années sur les armes létales autonomes, capables de décider seules de la mort d’êtres humains.

C’est précisément pour ces raisons qu’il est crucial d’imaginer dès aujourd’hui un avenir désirable, afin d’anticiper ces dérives et de tenter de les contenir.

Conclusion

Imaginer un avenir désirable n’est ni naïf ni utopique.
C’est une nécessité.

Si nous ne définissons pas collectivement le futur que nous souhaitons, il se construira sans nous, voire contre nous.

La question n’est pas de savoir si ce futur arrivera, mais s’il sera choisi ou subi.